 Frédéric Biren
C'est de peinture dont je vais vous parler dans ce billet et du choc esthétique ressenti en voyant les tableaux de Frédéric Biren.
C'est de la peinture avec des rouges et des bleus électriques, avec des gris aciers; ça donne envie de regarder ces toiles avec une petite musique électro dans les oreilles. Il y a des toiles où le rouge et le noir se marient, dans des gros plans de visages, très réussis. Franchement,ces fonds noirs, c'est très fort techniquement et ça fonctionne très bien.
On se situe dans la peinture figurative: "(comme Bacon qui, en Angleterre, a résisté en faisant de son propre corps, de celui de ses amis ,de ses amants ou d'anonymes, le cœur, l'enjeu de son travail. Comme Lucian Freud, qui, lui, se concentre sur la chair en éclairant violemment ses modèles, il recouvre méthodiquement chaque centimètre carré de toile jusqu'à ce que « le tableau devienne la personne ») (Extrait de l'histoire des arts du XX e siècle de David Rosemberg).
Frédéric Biren n'a pas succombé à la vague abstraite, très en vogue dans les écoles des beaux arts. C'est un portraitiste, il est à la limite de la stylisation de la bande dessinée. Il laisse, comme Bacon et Freud, passer une émotion et trouve un style bien à lui.
Il y a des gros plans de visages, mais aussi des portraits avec une foule de petits détails en fond, la facture est typiquement « Belge », dans le traitement des bâtiments par exemple, et toute sa déclinaison de gris.
C'est une peinture acrylique et pour ne pas se satisfaire d'une facture trop « léchée », la peinture s'est écoulée en longues gouttes sur certains tableaux, laissant une atmosphère humide et floue. Métaphores de nos hésitations, de nos incertitudes ?
Les thèmes sont universels: la solitude, la douleur dans les portraits d'hommes, la sensualité, la fragilité dans les portraits de femmes, avec une certaine insouciance dans les portraits d'enfants (tableaux d‘enfants dans une exposition précédente à l‘église St Martin d‘Arlon), de l'étrangeté pour les chats, toute une palette d'émotions dans ces visages, dans ces regards.
Bref c'est un beau voyage dans l'âme humaine mais, à mon sens, ce n'est pas une peinture torturée ou malsaine, juste un regard d'artiste avec des personnages, qui ont une beauté baroque, et qui sortent de sa palette et trouvent une place dans nos vies.
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